Fév/04/2008 - 19:51:32
Eclairages sur le flou entretenu dans le conflit tchadien!
Salut à tous,
En matière de rébellion ou de conflit armé "interne", il faut savoir s'élever au dessus de la mêlée pour tenter d'apporter un regard critique, avec force recul, sur ce qui se passe en réalité.
Le cas de l'imbroglio actuel au Tchad est intétessant, dans la mesure où il offre la possibilité de prendre en compte plusieurs paramètres d'un problème dont on ne voudrait faire ressortir qu'une seule facette, à savoir celle d'un mouvement d'humeur d'un groupe de personnes armées contre un dirigeant "démocraturement élu"...
Je vais donc appliquer ma lecture critique habituelle à ce qui se passe au Tchad, pour tenter d'illustrer l'approche qu'il faut avoir en matière de réflexions géopolitique et géostratégique en pareille circonstance.
Pour rentrer dans le vif du sujet, osons une question : pourquoi la France, qui contrôle TOUT le territoire tchadien, n'a rien fait pour "aider" Déby à limiter la progression de la "rébellion"?
En octobre dernier pourtant, c'est bien la France qui avait "vendu" les "illuminés" de l'Arche de Zoé à Déby, car seule l'armée Française qui contrôle tout le territoire tchadien, pouvait savoir ce qui se tramait avec l'avion que ces derniers avait affrêté.
Si cette même armée a dans un premier temps aidé les "humanitaires" y compris lors du débarquement du matériel de leur avion, force est de constater qu'un ordre différent est venu de Paris, pour "vendre" ces humanitaires à la soldatesque tchadienne, qui est venue les cueillir quasiment au pied de leur avion, au moment où ils s'apprétaient à partir...
Bref l'attitude actuelle de la France permet de dégager une interprétation évidente: le pion Idriss Déby ne mérite plus qu'on mise sur lui!
Le pourquoi de ce désaveu peut trouver son origine dans plusieurs épisodes plus ou moins récents.
D'abord Idriss Déby, alcoolique et maladif, est peut-être en bout de course là où on souhaiterait avoir un dirigeant en forme, au vu des dossiers qu'il faudra gérer avec en particulier la venue de la force onusienne prétendument humanitaire, pour le Darfour, la Centrafrique et... le Tchad!!!!
Ensuite Déby, passé pour "responsable" principal du sort réservé aux français et blancs de l'Arche de Zoé, a plutôt mauvaise presse en France! Or dans son implication personnelle, le président Tchadien a semblé au minimum ignoré par Sarko et au pire encouragé par ce dernier, qui n'a opéré aucune pression sur lui au prétexte que le Tchad était un pays démocratique et souverain, qui pouvait donc légitimement appliquer sa justice contre les "imposteurs" de l'opération "Child Rescue".
Déby est donc comme une épine dans le pied de Sarko, et la perspective de le voir bouté hors du pouvoir, en entraînant avec lui la potentielle grâce présidentielle que certains dans l'entourage des familles des "humanitaires" de l'arche de Zoé seraient prêts à lui demander depuis la France, en faisant au passage les courbettes qui nuiraient à l'orgueil de la future-ex métropole... cette perspective-là est remise en question, ce qui peut permettre à Sarko de garder la main, si Déby se voyait mis à l'écart.
Et enfin la résurgence d'un conflit à l'intérieur même du Tchad faciliterait la tâche à la force armée "européo-onusienne", car dans une configuration brouillée ou volontairement embrouillée, les états majors européens actifs sur le sol africain on plus de marge pour camoufler tout et n'importe quoi, y compris en favorisant l'exploitation non officielle de ressources qui sont alors acquises à vil prix. En outre sous le couvert de l'humanitaire, l'europe et la France en particulier peuvent reprendre possesion d'un terrain acquis pour une part à la Chine (Soudan) et d'autre part aux USA (Tchad). Pour rappel, l'Europe fournira 3500 hommes dont le tiers seront français, en vue de créer un "couloir humanitaire" au Darfour, pour venir en aide aux populations civiles piégées par le conflit soudanais.
La France garde un goût très amer du tour de force économico-stratégique opéré par les étasuniens, qui se sont attribués la majorité des concessions pétrolières au Tchad, alors que ce pays était sous le giron français. Sauf que les géologues étasuniens ont eu plus de flair que leurs homologues français, qui au lieu de procéder à l'intérieur du continent à des explorations profondes semblaient camper sur leurs lauriers, en ne regardant que les sites off-shore, ou ceux situées sur le littoral africian.
Les Etats-unis ont su jouer à la fois avec leur flair mais aussi avec le bras séculier du FMI et de la BM, pour avoir la tutelle sur la gestion des revenus du pétrole Tchadien, au prétexte que tout PPTE décalré ne peut plus gérer lui-même ses avoirs!!!
Au passage, la découverte du pétrole tchadien, postérieure à l'attribution de son statut de PPTE, n'a pas servi les autorités tchadiennes. Déby a été offusqué de se voir refusé la manne financière issue de l'exploitation du pétrole tchadien, et il a dû à un moment instrumenter une rebellion pour justifier qu'on lui octroie alors des revenus sans contrôle et non diriger au finacement de secteurs dits prioritaires pour les PPTE (santé, éducation, transport), pour acheter des armes et défendre "l'intégrité et la démocratie" tchadienne.
La supercherie est passablement mise en évidence par l'existence parmi les chefs de la rebellion, du neveu d'Idriss Déby!
Bref, Paris à travers une approche très Sarkozienne, qui procède à la fois d'embrouilles et de stratégies rondement menées, semble pouvoir reprendre la main au Tchad puisque les étasuniens seraient bousculés dans leur exploitation pétrolière en cas de conflit déclaré au Tchad, tout comme les Chinois le seraient aussi. A ce moment-là, ils devront composer avec la France pour sécuriser leur pipe-pline, et personne ne peut dire quelle contre-partie sera payée pour cette protection en plein désert!!!!
En effet, l'affaire de l'arche de Zoé, qui semblait avoir remmené Deby dans le jeu stratégique, apparaît finalement comme un piège tendu pour le distraire, pendant que la rebellion se renforçait, au vu et au su de la France, qui avec son survol permanent de l'ensemble du territoire tchadien sait tout ce qui s'y trame à tout moment!!!!
La proposition d'exfiltration officiellement faite à Déby, qui l'a refusé, prend ainsi tout son sens... cynique. Ce dernier à travers son refus fait savoir à la France qu'il a "enfin" compris, mais trop tard, car il réfléchissait seulement coup après coup là où Sarko procédait comme un grand joueur d'échecs, en ayant 3 ou 4 coups d'avance!!!! En outre le repli des rebelles qui pourtant avaient assailli le palais où se trouvait réfugié Déby, atteste que le but n'est pas d'en finir tout de suite avec le président tchadien, autant pour éviter l'opprobre sur les dirigeants rebelles, que la fin "rapide" du conflit. Celui-ci doit durer, et il faudrait s'assurer que Déby, s'il venait à mourir, aurait un contingent de fidèles suffisant (et bien armé) pour prendre le maquis et venir contester à travers des incursions régulières, le leadership nouveau.
Par ailleurs il y aura un dégat collatéral majeur, car dans ce jeu d'échecs où la mort (des civils) est omniprésente, le Cameroun, dont le tribun Biya a toujours voulu s'enorgueillir du climat de "paix", sera déstabilisé "durablement", par l'afflux massif de réfugiés tchadiens, mais aussi soudanais.
Le syndrôme ivoirien n'est plus très loin de se reproduire au Cameroun, si on n'y rend garde, car en terme de rebellions, celle du Tchad va venir s'ajouter à celle de la RCA, pour former avec les tensions à l'Ouest (Nigéria et surtout mouvements séparatistes anglophones) un étau qui va se resserer autour du cou de la colombe de la paix camerounaise, avec un risque d'étranglement majeur!!!
Les réfugiés qui fuient la guerre civile ont parfois dans leur sillage des rebelles qui profitent de ce regroupement pour se camoufler, et sortir de nuit pour faire toutes sortes de coups, y compris le grand banditisme...
Affaires à suivre donc, dans la peine et la douleur.
En matière de rébellion ou de conflit armé "interne", il faut savoir s'élever au dessus de la mêlée pour tenter d'apporter un regard critique, avec force recul, sur ce qui se passe en réalité.
Le cas de l'imbroglio actuel au Tchad est intétessant, dans la mesure où il offre la possibilité de prendre en compte plusieurs paramètres d'un problème dont on ne voudrait faire ressortir qu'une seule facette, à savoir celle d'un mouvement d'humeur d'un groupe de personnes armées contre un dirigeant "démocraturement élu"...
Je vais donc appliquer ma lecture critique habituelle à ce qui se passe au Tchad, pour tenter d'illustrer l'approche qu'il faut avoir en matière de réflexions géopolitique et géostratégique en pareille circonstance.
Pour rentrer dans le vif du sujet, osons une question : pourquoi la France, qui contrôle TOUT le territoire tchadien, n'a rien fait pour "aider" Déby à limiter la progression de la "rébellion"?
En octobre dernier pourtant, c'est bien la France qui avait "vendu" les "illuminés" de l'Arche de Zoé à Déby, car seule l'armée Française qui contrôle tout le territoire tchadien, pouvait savoir ce qui se tramait avec l'avion que ces derniers avait affrêté.
Si cette même armée a dans un premier temps aidé les "humanitaires" y compris lors du débarquement du matériel de leur avion, force est de constater qu'un ordre différent est venu de Paris, pour "vendre" ces humanitaires à la soldatesque tchadienne, qui est venue les cueillir quasiment au pied de leur avion, au moment où ils s'apprétaient à partir...
Bref l'attitude actuelle de la France permet de dégager une interprétation évidente: le pion Idriss Déby ne mérite plus qu'on mise sur lui!
Le pourquoi de ce désaveu peut trouver son origine dans plusieurs épisodes plus ou moins récents.
D'abord Idriss Déby, alcoolique et maladif, est peut-être en bout de course là où on souhaiterait avoir un dirigeant en forme, au vu des dossiers qu'il faudra gérer avec en particulier la venue de la force onusienne prétendument humanitaire, pour le Darfour, la Centrafrique et... le Tchad!!!!
Ensuite Déby, passé pour "responsable" principal du sort réservé aux français et blancs de l'Arche de Zoé, a plutôt mauvaise presse en France! Or dans son implication personnelle, le président Tchadien a semblé au minimum ignoré par Sarko et au pire encouragé par ce dernier, qui n'a opéré aucune pression sur lui au prétexte que le Tchad était un pays démocratique et souverain, qui pouvait donc légitimement appliquer sa justice contre les "imposteurs" de l'opération "Child Rescue".
Déby est donc comme une épine dans le pied de Sarko, et la perspective de le voir bouté hors du pouvoir, en entraînant avec lui la potentielle grâce présidentielle que certains dans l'entourage des familles des "humanitaires" de l'arche de Zoé seraient prêts à lui demander depuis la France, en faisant au passage les courbettes qui nuiraient à l'orgueil de la future-ex métropole... cette perspective-là est remise en question, ce qui peut permettre à Sarko de garder la main, si Déby se voyait mis à l'écart.
Et enfin la résurgence d'un conflit à l'intérieur même du Tchad faciliterait la tâche à la force armée "européo-onusienne", car dans une configuration brouillée ou volontairement embrouillée, les états majors européens actifs sur le sol africain on plus de marge pour camoufler tout et n'importe quoi, y compris en favorisant l'exploitation non officielle de ressources qui sont alors acquises à vil prix. En outre sous le couvert de l'humanitaire, l'europe et la France en particulier peuvent reprendre possesion d'un terrain acquis pour une part à la Chine (Soudan) et d'autre part aux USA (Tchad). Pour rappel, l'Europe fournira 3500 hommes dont le tiers seront français, en vue de créer un "couloir humanitaire" au Darfour, pour venir en aide aux populations civiles piégées par le conflit soudanais.
La France garde un goût très amer du tour de force économico-stratégique opéré par les étasuniens, qui se sont attribués la majorité des concessions pétrolières au Tchad, alors que ce pays était sous le giron français. Sauf que les géologues étasuniens ont eu plus de flair que leurs homologues français, qui au lieu de procéder à l'intérieur du continent à des explorations profondes semblaient camper sur leurs lauriers, en ne regardant que les sites off-shore, ou ceux situées sur le littoral africian.
Les Etats-unis ont su jouer à la fois avec leur flair mais aussi avec le bras séculier du FMI et de la BM, pour avoir la tutelle sur la gestion des revenus du pétrole Tchadien, au prétexte que tout PPTE décalré ne peut plus gérer lui-même ses avoirs!!!
Au passage, la découverte du pétrole tchadien, postérieure à l'attribution de son statut de PPTE, n'a pas servi les autorités tchadiennes. Déby a été offusqué de se voir refusé la manne financière issue de l'exploitation du pétrole tchadien, et il a dû à un moment instrumenter une rebellion pour justifier qu'on lui octroie alors des revenus sans contrôle et non diriger au finacement de secteurs dits prioritaires pour les PPTE (santé, éducation, transport), pour acheter des armes et défendre "l'intégrité et la démocratie" tchadienne.
La supercherie est passablement mise en évidence par l'existence parmi les chefs de la rebellion, du neveu d'Idriss Déby!
Bref, Paris à travers une approche très Sarkozienne, qui procède à la fois d'embrouilles et de stratégies rondement menées, semble pouvoir reprendre la main au Tchad puisque les étasuniens seraient bousculés dans leur exploitation pétrolière en cas de conflit déclaré au Tchad, tout comme les Chinois le seraient aussi. A ce moment-là, ils devront composer avec la France pour sécuriser leur pipe-pline, et personne ne peut dire quelle contre-partie sera payée pour cette protection en plein désert!!!!
En effet, l'affaire de l'arche de Zoé, qui semblait avoir remmené Deby dans le jeu stratégique, apparaît finalement comme un piège tendu pour le distraire, pendant que la rebellion se renforçait, au vu et au su de la France, qui avec son survol permanent de l'ensemble du territoire tchadien sait tout ce qui s'y trame à tout moment!!!!
La proposition d'exfiltration officiellement faite à Déby, qui l'a refusé, prend ainsi tout son sens... cynique. Ce dernier à travers son refus fait savoir à la France qu'il a "enfin" compris, mais trop tard, car il réfléchissait seulement coup après coup là où Sarko procédait comme un grand joueur d'échecs, en ayant 3 ou 4 coups d'avance!!!! En outre le repli des rebelles qui pourtant avaient assailli le palais où se trouvait réfugié Déby, atteste que le but n'est pas d'en finir tout de suite avec le président tchadien, autant pour éviter l'opprobre sur les dirigeants rebelles, que la fin "rapide" du conflit. Celui-ci doit durer, et il faudrait s'assurer que Déby, s'il venait à mourir, aurait un contingent de fidèles suffisant (et bien armé) pour prendre le maquis et venir contester à travers des incursions régulières, le leadership nouveau.
Par ailleurs il y aura un dégat collatéral majeur, car dans ce jeu d'échecs où la mort (des civils) est omniprésente, le Cameroun, dont le tribun Biya a toujours voulu s'enorgueillir du climat de "paix", sera déstabilisé "durablement", par l'afflux massif de réfugiés tchadiens, mais aussi soudanais.
Le syndrôme ivoirien n'est plus très loin de se reproduire au Cameroun, si on n'y rend garde, car en terme de rebellions, celle du Tchad va venir s'ajouter à celle de la RCA, pour former avec les tensions à l'Ouest (Nigéria et surtout mouvements séparatistes anglophones) un étau qui va se resserer autour du cou de la colombe de la paix camerounaise, avec un risque d'étranglement majeur!!!
Les réfugiés qui fuient la guerre civile ont parfois dans leur sillage des rebelles qui profitent de ce regroupement pour se camoufler, et sortir de nuit pour faire toutes sortes de coups, y compris le grand banditisme...
Affaires à suivre donc, dans la peine et la douleur.
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